Thanks to :

l'âne vert tafedna ecologe maroc essaouira
logo-vera-cycling-slogan.jpg
  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon

Partie 1 : France - Ukraine

Puisqu'il y a des avantages à partir de Picardie, en voilà un : le premier soir nous posons la tente en Belgique. Il n’aura suffit que d’une première journée de vélo pour changer de pays. Ainsi s’annonce clairement la suite des événements. Des successions de pays, d’herbes plus ou moins vertes ailleurs qu’ici.
Une dernière tête connu à Bruxelles avant de filer plein est. Quelques bières entre amis, on a du mal à partir. Ca signifie beaucoup de partir de Bruxelles, le grand saut vers l’irréparable. On pourrait toujours essayer revenir en arrière, mais à quoi bon ?

On longe la frontière Flamande et Wallone dans le plays pays verdoyant en cette période. Vite on abandonne les itinéraires cyclables destinés aux ballades du dimanche.
Ainsi on file vers Maastricht et la Hollande qui nous verra dormir sur un de ses terrains de foot. Le matin suivant nous cueille avec la pluie battante. On déjeune froidement sous l’abri que l’équipe de foot a déserté.
Des cyclistes passent pas loin. On se demande ce qu’ils peuvent bien faire dehors par ce temps, car si nous y sommes, c’est plus par fatalité que par choix. En tout cas ce matin, nous aimerions avoir eu le choix.

P1010133.jpg

Petit déjeuner pluvieux. Quelque part en Hollande.

Vite nous sommes en Allemagne. Une grande traversée s’annonce. Dire qu’à ce moment nous étions pressés de quitter le pays pour un peu plus d’exotisme. Si j’avais su que je repenserais aux étendues d’herbe grasse d’Allemagne en m’étendant entre les débris d’une maison en ruine en Iran
Par le Maine, puis le Rhin, nous parcourons de lapis d’un bout à l’autre de la frontière. Tout est si simple ici. Le soir venu nous apporte toujours ses promesses : une bière fraiche et un bon repas. Les Allemands sont adorables avec nous. Serait ce le vélo qui crée une communauté Humaine ?
















On se lève naturellement, prenant le temps de flâner dans l’herbe pendant que le café se prépare et l’estomac se rempli. Les jours se ressemblent dans la platitude du dénivelé. C’est une Europe timide. L’Europe de l’ouest qui par l’individualisme de chacun a pu se bâtir une communauté. Et puis il faut dire que nous sommes blanc comme des allemands.

Encore une fois, on se prend à rêver aux lointains pays où la vie nous brusque par sa rudesse et sa différence. Sans pour autant être pressé plus que de raison.
Puis le soir, les pieds pendent dans le vide qui surplombe l’eau. Les péniches et autres bateaux s’affairent.
On voit les longs bateaux qui transportent les touristes sur les fameux fleuves européens. Le faste de ces bateaux contrastent avec nos corps fatigués et proprement salis par les journées passés sur la route.
C’est la première mue. Nous sommes heureux, et conscient de l’être. On recule devant les formats classiques d’existence.
Tout est pris en main, nous appartient pour de bon. Pourrais je être plus heureux ailleurs qu’ici ? Il ne manque rien au schéma. Même les nuits apportent les rêves les plus fous, faisant des 24 heures dont nous disposons une boite de pandore qu’aucun mécanisme ne vient fermer.



 

GOPR0137.jpg

Plus nous allons vers l’est, plus les noms sont excitants à l’oreille. Beaucoup ne peuvent comprendre le bonheur que nous avons à se pencher une carte. L’analyser, la décortiquer. S’y placer, aujourd’hui et demain. Puisque hier n’est plus, la carte matérialise les bonds en avant.

République Tchèque, terre des buveurs de bière. La première vile marque le passage de l’Europe de l’ouest à l’europe central. Tout ne semble plus aussi propre et bien organisé qu’en Allemagne. Le voyage semble commencer.

Quelques courses et on roule vers la campagne pour aller y jeter la tente. Le premier supermarché est toujours un moment important dans un pays. On y utilise la monnaie, découvre les prix des choses et surtout entrevoyons l’idée de ce qui va constituer nos repas. Et donc de la vitesse à laquelle nous allons courir vers le pays suivant, dans l’espoir secret que les estomacs soient mieux traités.


 

La Pologne. De longues journées sous la pluie dans une région loin d’être le berceau de l’hospitalité. On se soutient mutuellement pour avancer dans ce décor un peu sombre parfois du berceau minier. Une pause à Katowice où l’on boit plus que de raison.
Chaque jour est une bonne raison pour célébrer notre avancée. Et pourquoi ne pas célébrer le fait de faire chaque jour ce qu’il nous plait de faire. Les Français ont toujours quelque chose à célébrer, à grands renforts de vin.
Conscient de ne pas être passé par la plus belle partie du pays, on vise l’Ukraine, l’inconnu le plus total.

Mais les paysages verdissent sous le soleil qui a tendance à nous accompagner un peu plus que ce qu’il n’a pu le faire par le passé. Les coeurs se rapprochent des mains et les hommes deviennent profondément bienveillants. Les arbres commencent à nous offrir leurs précieux fruits, agrémentant nos petits déjeuner et desserts.

Cracovie offre le repos et les déplacements pédestres. Mais vite le vélo nous appelle. Il faut repartir. La vie a du mal à s’épanouir en ville. Les visages sont tristes, les rues grouillent d’acheteurs de souvenirs et nos attentent sociales ne furent pas comblés.
Mieux vaut s’en remettre à soi et au bonheur qu’apporte le vélo qui glisse au travers un continent. La route nous offre tout, il suffit simplement de se satisfaire de peu.

Un coup de tampon sur le passeport et nous voilà en Ukraine. Il faut vite quitter la zone militaire qui constitue la frontière. On échange un peu d’argent puis explorons les petites échoppes du premier village, il semblerait bien que le premier repas soit bien frugal. Nous tentons une percée dans le restaurant du village, les serveuses et nous nageons dans l’incompréhension de deux mondes qui se confronte.
Le tout avec le sourire, ça promet.

On contrôle nos passeports sur la place du village. Vite on pédale vers la sortie du village. On se perd en détours dans des bois truffés de moustiques et de barrages militaires. Une route rectiligne en mauvais état nous amène plus au sud. Quelques myrtilles achetés à une jeune fille au bord de la nationale complétera le yaourt demain matin.
On se perd dans un village, discutons avec nos quelques mots de russe dans un coin du pays où la Russie n’est pas une terre bénie par les cœurs. On pioche l’eau dans le puit d’un adorable vieillard qui nous amène au bord d’un lac où l’on plante la tente. Pour notre tranquillité il raccompagne les bruyants enfants qui jouent à notre portée.

Nous cheminons vers Lviv. La ville est belle, mais les esprits sont embrumés au milieu du monde et des voitures. La pluie retarde notre départ mais bientôt nous pousserons les vélos dans les bois, bataillant avec les moustiques.
Quoi de plus beau qu’une vie où l’on choisit ses problèmes ? Les nôtres sont si beaux que l’on décide d’aller toujours plus en avant.

La campagne est splendide, au moins autant que les individus. Dans la simplicité, les relations humaines reviennent à ce qu’elles doivent être : partage et amour. Le tout sans posé de questions. Puisque nous sommes ici, nous avons droit à l’accueil chaleureux d’un pays pluvieux et froid.

















Inutile de prétendre que l’on ai réussi à être à jeun plus de quelques heures. On repart comme on arrive, mouillé et ivre. Ivre d’alcool mais aussi de bonheur. Quelques mots en commun, des sourires francs et des tapes chaleureuses. On trouve une famille loin de chez nous. Inutile de se demander pourquoi on pédale, qui plus est dans le froid et sous la pluie battante. Les situations parlent d’elles même. C’est surement encore là, dans ces instants précis, que l’on mu à nouveau, ne regardant plus en arrière puisque nos jours se suffisent à eux même. Rien à enlever ni à ajouter.

Ainsi furent nos premiers moments sur la route. La convictions se gagnent, elle ne sont pas innées. Peut être mais je su là vraiment ce que je voulais faire des mes jours ?

Heureux sous la pluie. Campagne Ukrainienne.