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Partie 5 : Grèce

Il aura fallu de quelques mètres pour que nous changions de monde. Au premier petit village, nous avalons une grande bière amplement méritée. Le village vit lentement ses heures d’été. Les petits vieux du villages jouent aux cartes attablés à l’ombre du bar du village.
Le village est soigné, l’église est belle. On file car bientôt le soleil se couche et nous voulions profiter de la descente que la fraicheur du soir nous offrait.
Nous roulons côte à côte. L’émotion me monte. Mon ami a les larmes aux yeux. Un panneau nous signale la présence d’ours dans le coin.

C’est beau et pur. L’air est bon, les forêts sont vertes et intactes. Pas une voiture ne vient briser le silence de notre mouvement. Quelques ruisseaux ci et là viennent briser la platitude des sols.
On roule jusqu’à un village qui nous permet d’acheter de quoi nous nourrir. Nous renouons avec l’euro, que je verrais surement pour la dernière fois ici avant un bon moment.
Tout parait si paisible.
Nous nous perdons cependant avec Antoine qui ira trop loin dans la nuit, croyant que nous ne l’avons pas attendu alors que nous étions derrière, prêt à planter le campement.

Nous plantons la tente sur le terrain de foot derrière le commissariat de police. Une bien belle nuit étoilé que l’on peut même admiré assis car nous trouvons des chaises de camping qui nous ravirons ce soir là.

Au petit matin nous roulons jusqu’à Kratoria. Puis au bord du lac, par hasard, nous nous retrouvons avec Antoine. Nous décrétons ce jour comme un jour de repos et trouvons un endroit paisible au bord du lac. A ce titre, Antoine revient du supermarché avec une bouteille de rhum que l’on siffle lentement en bricolant les vélos.
Puis parti depuis bien plus longtemps que prévu pour aller chercher des cigarettes, il revient avec une invitation à boire un verre au bar. Ainsi au lieu de bricoler et nettoyer le matos, ce que l’on fait d’habitude durant les jours de repos, l’on se retrouve au beau milieu d’une fête en terrasse d’un bar.

Et ainsi passe la journée. La discussion tournant rapidement en rond le soleil couché, nous fuyons vers les rives pour trouver un endroit où dormir. On papote, on se baigne et on finit le rhum avant de dormir par terre, dans les bras réconfortants des nuits d'été. C’est comme ça que nous retrouverons au petit matin les sportifs matinaux.

Direction Thessalonique, il faut cependant traverser les montagnes. Ainsi les prochains jours seront dédiés à traverser la campagne Grecque pour rejoindre la mer, pressés aussi que nous sommes d’aller nous baigner là bas.

Ici c’est plus des chiens qu’il faut se protéger que des hommes. et nous trouvons refuge dans la cour verdoyante d’une école primaire qu’on nous avait indiqué et qui à notre grande surprise était ouverte. Mais l’arrosage automatique aura raison de nous pendant la nuit. Nous boucherons l’arrosage avec nos gobelets et nous rendormons. A l’avenir il faudra être plus prudent lorsque sous le soleil l’herbe est trop verdoyante pour être vrai.

On se perd de nouveau après un col plus long et pentu que les autres. La montagne est si belle et peu fréquenté car une nouvelle route passe juste à coté, soulageant les gens pressés de leur envie d’arriver au plus vite.
Nous dormirons dans le bureau du coach d’une équipe de foot, attendant que l’entrainement soit fini. Il y a autant de moustiques dedans que dehors et la chaleur est intenable, pourtant il faut bien trouver le repos, car le lendemain il faut repartir.

Nous nous retrouvons tous au bord de la route, sirotant un café frappé avec des migrants Irakiens. Antoine prenant l’avion après demain, il se décide à vendre son vélo ici et nous rejoindra ce soir à Thessalonique.
L’entrée dans la ville est fastidieuse, sous la chaleur et la pollution que nous avalons sans en avoir produit une once. On court dans la ville pour trouver du matos de vélo pendant qu’Antoine nous attend de l’autre coté de la ville, prêt de l’aéroport.

Nous passons une dernière soirée au bord de l’eau, à coté de la terrasse d’un restaurant chic qui souffle surement de nous avoir trop prés d’eux. On vide quelques bières, du rhum et du vin. On parle la nuit durant de ce qui peut encombre l’esprit d’hommes sur la route. Puis vient l’heure pour lui de rejoindre l’aéroport dans l’obscurité de la nuit profonde.
Nous trouvons le repos derrière les buissons qui nous protège de la vue du restaurant. La fête bat son plein et bien heureux nous sommes lorsque la musique cesse. Jusqu’à ce qu’une autre commence, celle du gardien de nuit. Les yeux seront petits au réveil.

Puis c’est la montagne qui s’annonce de nouveau. Pas bien pendu, mais longue et harassante par cette chaleur. On nous offre à manger le midi dans un petit village touristique, qui n’a finalement d’attrayant que les restaurants qui attirent les touristes. Mise en abîmé du tourisme.
Pourtant nous voulons rattraper la mer ce soir même, ce que l’on fera lentement mais surement. On nous offre une bouteille de gnole sur la route, que l’on débouchera en arrivant les pieds dans le sable. Pourtant c’est une horde de touriste que l’on trouve ici.


 

La plage est séparée en deux parties, l’endroit où les gens mangent et laissent trainer leurs déchets et l’endroit où ils se baignent. Pas fou tout de même, ils ne font pas ça au même endroit.
Alors on tente de s’échapper, mais prisonnier tout de même du monde des vacanciers, il est difficile de trouver un endroit où dormir. Ici nous ne sommes plus des pèlerins, mais des vagabonds, au sens péjoratif du terme. Et chacun se renvoi la balle, ne décrétant pas trouver un coin pour notre tente. Et ainsi nous avons des discussions surréalistes avec les gens.

Acablé par ce manque de compréhension et d’empathie, nous tentons une percée vers la terre, quittant la côte à regret. Mais il n’aura pas fallu aller bien loin pour trouver d’adorables individus qui nous laissent volontiers un coin d’herbe. Il suffit de râler pour obtenir ce que l’on veut. Méthode française.

Puis nous longeons lentement la côte, d’une plage à l’autre. Certaines sont épargnées des Hommes par le simple fait que tout le monde s’entasse sur les mêmes. N’empêche que les sous bois sont jonchées de plastique. Mais loin de tout et de tous, on peut ici se baigner nu, mettre la tente où bon nous semble et rêver dans le silence.

Alexandroupolis arrive à mesure que l’on longe la côte. Un panneau annonce Constantinople à quelques centaines de kilomètres.
Nous formons en bordure de ville, coincés entre deux hôtels de luxe. On nous refus l’accès à certaines petites plages de peur que l’on démarre un incendie. Alors nous trouverons le refuge sous des arbres, à proximité de la route mais caché en contrebas avec un accès à la mer qui fera office de salle de bain géante.

A travers la moustiquaire qui me protège des moustiques, je vois le soleil se lever au petit matin. Quel moment magique qui chaque fois renouvelle ma foi en la beauté du monde, sans lassitude aucune.