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Partie 7 : Iran

Partie 2.

Donc un vendredi matin nous sortons à deux avec Chris de Téhéran. Le vendredi est toujours le jour le plus calme pour rouler dans les pays musulmans, étant plus ou moins l’équivalent de notre dimanche.
Ca se passe bien plus facilement que nous l’espérions et vite, on se retrouve loin de la ville, et entrons dans le désert. Il nous mènera bientôt à Qom puis Kashan. Là où chris est censé repartir vers le nord ouest.
De loin, la capitale nous offre une vue sur la bulle de pollution qui l’entoure. On vient de se rencontrer, on commence seulement à pédaler ensemble. Mais les voyageurs à vélo c’est une petite communauté. On parle beaucoup et devenons vite copain.
Le désert nous offre un bivouac dans le plus grand calme, loin des hommes et de leurs pollutions.

Nous passons Qom plus vite que prévu, pas grande envie d’y rester. trouvons refuge dans un bon coffee shop où nous considérons sérieusement l’option de rejoindre la frontière Irakienne par le kurdistan.
Nous sortons par la grande mosquée de Qom, Jamkaram. Des pèlerins chiites des pays alentours font le déplacement pour venir se recueillir à cet endroit précis. Mais l’ambiance y est pesante. Sur fond d’incessantes mornes prières, les fidèles suivent les drapeaux noirs pour se rendre à l’intérieur de la mosquée.
Au magasin de souvenir, on vent des grenades et des mines en plastique. Fouets et foulards. Pas vraiment la vision que j’ai d’une quelconque spiritualité. Nous partons et soufflons.
C’est la période de deuil de l’imam Hussein, 40 jours de deuil national. Le début d’une longue période pour nous. Drapeaux noirs et visages fatigués.

Nous dormirons dans un caravansérail, l’endroit est beau, mystique, mais la nuit fut mauvaise. Du mal à trouver le repos.
Au petit matin nous trouverons quelques français qui ont aussi dormi là. On partage le petit déjeuner et les contacts puis reprenons la route vers Kashan. Dormirons entre temps à l’intérieur d’un restaurant avec un autre cycliste Iranien. En Iran tout est toujours possible. Ca ne semble déranger personne que nous garons nos vélos dans le restaurant et dormons sur les banquettes.

Puis Kashan. J’aime cette ville. Passons une première nuit à l’hôtel, puis trainons le lendemain d’un magasin à un autre, d’un coffee shop à un autre, d’une mosquée à une autre. Tellement que le jour passe et nous devons dormir dans le coin. Les gens furent si sympa que nous n’avons pas vu le temps passer.

Trouvons l’adresse d’une immense parc à l’extérieur de la ville où nous passerons la nuit. Tombons presque nez à nez avec un couple de retraités Belges en camping car. Nous mangerons ensemble et emprunterons leurs hamacs pour la nuit.
Il se trouve que nous nous reverrons plusieurs fois plus tard, et que nous resterons en contact des mois plus tard. Nos grands parents Iraniens. Eux sont privés de leur famille tout comme nous, alors on se recrée une petite famille loin de notre patrie

Le lendemain, allons plein ouest vers l’Irak par les montagnes. Il y fait froid, l’ambiance y est morne, pesante. Il y a quelque chose dans l’air qui ne nous plait pas. Trouvons un endroit pour camper à l’abri des regards, et le matin venu, c’est la pluie qui nous cueille. S’en est déjà trop pour moi. J’ai peur de retourner dans une partie du monde où il fait froid et pluvieux. C’est décidé je retourne vers ma destination première, le sud. Et Chris décide de venir avec moi finalement.

Nous retrouverons déjà nos amis Belges au sommet d’une montagne. Nous avons le même feeling, et chacun décide de rejoindre le sud le pus rapidement possible. La proximité du soleil et de la mer nous attire tous.

Ainsi nous prenons la route d’Isfahan. Nous dormons sur le bord dans routes, dans des petites cabanes où les locaux viennent manger et fumer le narguilé. C’est aussi pour fuir les endroits que l’on prend pour sauvage jusqu’à ce que l’on se fasse suivre par des routiers défoncés à l’opium.
L’iran n’est pas vraiment le paradis pour cyclistes que l’on a pu nous présenter.

Puis Isfahan. J’y entre pour la deuxième fois donc. Cette fois à vélo, c’est d’autant plus symbolique pour moi. On aurait vite tendance à se prendre pour l’aventurier que l’on est loin d’être.
Quelques jours de repos à trainer d’un coffre shop à un autre. Puis nous reprenons la route. Un groupe de cycliste est devant nous, à 1 jour d’écart, nous nous verrons à Yazd.

De nouveau nous dormirons sur un parking avec nos amis Belges. Partageons un repas préparé avec amour avec de bons produits européens qu’ils stockent précieusement dans le camping car de puis la Grèce. L’avantage de pouvoir porter plus que quelques sacoches.
Nous visitons le lendemain un chapeau datant de 2000 ans et une fameuse mosquée avec l’un des plus vieux minarets du pays.

Arrivons à Yazd quelques jours plus tard, fatigué des montagnes et des Iraniens. Il nous est venu plusieurs fois à l’esprit de sauter dans un bus. Monique nous a dit une fois : “Vous êtes trop jeunes pour vous emmerdez”. Mais la fierté pose beaucoup trop dans la balance. Sachant que nous allons retrouver quelques cyclistes à Yazd, on prend notre courage à deux mains et continuons tout droit.
Les étendues désertiques ne nous permettent pas de camper puisque ne nous permettent pas de nous cacher. Trouvons refuge dans le local du croissant rouge iranien lors d’une nuit potentiellement orageux, le coucher de soleil est magnifique. Nous montons sur le toit pour profiter du spectacle, comme pour adoucir des longues journées de vélo à ne faire que grimper et répondre aux mêmes questions.

 Yazd, nous tentons d’autres techniques. Sonner à la porte des hôtels en disant que nous n’avons pas d’argent et qu’en échange nous pouvons écrire des reviews sur internet fonctionne parfaitement. Ainsi nous accédons à de super petits hôtels en échange de quelques minutes sur internet à écrire des commentaires. On se plaint de cette génération hyperconnecté, mais nous avons réussi à détourner tout ça pour nous le rendre utile.

Et juste avant Yazd, nous bifurquons dans un petit village, trouvons le repos sur une place publique où nous plantons la tente sans demander quoi que ce soit. Le village est désert, on s’y sent bien. Le peu de gens qui passent nous saluent. Cette place en béton, c’est notre petit paradis. C’est idiot mais ici on se sent à l’écart du reste du monde qui nous est si pesant. La soirée et la nuit furent agréables.

Puis Yazd, heureux d’arriver dans cette ville et d’y passer un peu de temps pour visiter. Nous y retrouvons d’autres cyclistes, de nouveau voyageurs ainsi que nos fameux grands parents Belges ! Quelle belle équipe, d’autant plus que le patron offre à chaque cycliste 3 nuits dans son hôtel.
Visites, repos et extension du visa, nous voilà tous prêt à partir.
Une photo tous ensemble devant la mosquée du vendredi et nous partons. Visite du célèbre temple Zoroastriens sur la route. Nous sortons de la route le soir venu pour notre premier bivouac ensemble. Blottis entre les montagnes avec un immense espace rien que pour nous, à deux pas de la route mais les rochers nous protège du reste du monde.

Nous décidons de rejoindre Bandar Abbas par une route alternative loin du traffic. Ainsi pendant presque 2 semaines nous roulerons à 5 dans un décore sublime, clairement en dehors des itinéraires classiques. Les montagnes se passent et les rencontres sont exceptionnels. On passe presque l’intégralité de ce trajet en moyenne montagne, et il faut parfois mettre gants et bonnets le soir ainsi qu’au petit matin.

Les grands espaces sans reliefs ni végétation nous oblige à trouver une solution pour dormir. Non pas que l’on craigne pour notre sécurité, mais plutôt pour notre tranquillité. Les iraniens sont gentils, mais trop. Trop curieux, et trop proches. Surtout après une journée de vélo, nous avons besoin d’un peu d’espace et d’intimité que nous avons du mal à trouver.

Nous dormirons alors plusieurs fois entassé dans des locals prêtés aux bord des routes par des commerçants, chez des fermiers qui ne comprennent pas bien ce que nous pouvons bien faire dans le coin.
Un soin nous dormirons chez un homme qui a des champs de safran, le lendemain il insistera pour que nous restions pour nous reposer pendant qu’il se rendra à Yazd, ainsi il nous laisse les clés de chez lui sans autre forme de procès.