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Partie 8 : Malawi

Après hésitation et débat sur le prix du visa et l’intérêt d’aller au Malawi ou non, on se décide pour l’entrée dans le pays. Puis c’est aussi une manière de couper un bout de Zambie qui s’annonce être un peu rébarbatif.

 

Nous arrivons relativement tôt le matin pour passer rapidement et profiter de notre journée au Malawi au bord du lac. Mais l’administration en a décidé autrement, et c’est une bonne partie de la matinée que nous offrirons aux douaniers le temps de négocier un visa de transit. Nous avons pour projet secret de faire une extension quelque part part, plus loin, ce qui nous reviendrait moins cher.
Ainsi en laissant batailler mon collègue, nous obtenons le fameux sésame. N’ayant aucune patience, j’ai préféré le laisser faire plutôt que de commencer à monter sur le comptoir et à devoir rebrousser chemin.
L’administration ne nous aura pas cette fois ci.

 

Et ainsi nos premiers tours de roues au Malawi.
Déjà du monde partout au bord de la route. Quelques voitures qui s’arrêtent et ne repartent que chargés jusqu’au plafond.
Finalement le lac est bien loin de nous encore, donc il vaut mieux continuer. Nous décidons de rouler jusqu’à la prochaine petite ville pour manger et voir quel gout on les bières du Malawi.
C’est dimanche, donc un peu endormi, mais finalement la ville reste somme toute typiquement Africaine, ça ne dort jamais réellement.
Le temps de dégoter la carte sim, qui aura pris bien trop longtemps, un repas classique, une bière sans grand goût et on reprend la route après avoir regardé la carte. Il semblerait qu’il y ait un camping sympa tenu par des Hollandais juste au bord du lac Malawi.
Nous y arrivons avec les derniers rayons de soleil. Il est derrière ce coucher de soleil. Donc on s’arrête toutes les 5 minutes pour regarder attentivement les rayons percer au travers des arbres. Puis les vélos sont secoués alors qu’on dévie la piste. Le verre de vin au bord du lac. Le bruit de l’eau, l’obscurité. Puis le sommeil du juste.

Le lendemain la route rattrape le lac et le suit par intermittence. Chaque fois que l’on grimpe, nous gardons en tête qu’en haut, surement, une trouée dans la végétation nous offrira une vue correct. Et en effet, nous nous retrouvons bientôt à vue de la montagne qui accueille le village de Livingstonia un peu plus haut. Et nous sommes tout en bas.
Le contact avec la population nous rappelle parfois l’Éthiopie non sans amertume. Des mains tendues et des gamins un peu trop envahissants et insistant. Loin d’être la catastrophe, mais ca fait remonter en nous quelques souvenirs.
Passons à nouveau la nuit au bord du lac. Il a l’air d’une mer plutôt qu’un lac selon si la brume cache le côté Tanzanien. Et lorsqu’il se découvre, j’ai l’impression de voir les lacs du nord de l’Italie. Les enfants jouent au foot dans le sable, l’atmosphère est douce.

 

Le lendemain nous faisons quelques derniers kilomètres de plat avant de grimper cette montagne abrupte et atterri sur le plateau.
La montée est raide, ponctuée de vues sur le lac alors que de nombreux singes traversent la route. Puis en haut, c’est la fraicheur des vallées. Celle dans laquelle nous serpentons est presque vierge d’Homme, et heureusement, ça ile moindre arrêt dans un village suffis à se faire gentiment encerclé. C’est pour moi beaucoup trop. Beaucoup trop de monde et trop de discussions à mener de front pour répéter sans cesse les mêmes choses.

 

Nous n’arriverons pas à Mzuzu ce soir, alors nous avançons du mieux que nous pouvons en prévoyant d’atteindre la ville le lendemain midi. Car oui, nous n’avons qu’un visa de transit et il ferait bon se dépêcher de rattraper le bureau de l’immigration. Le simple fait d’employer le mot “dépêcher” me donne quelques frissons, ce que je passe ma vie à éviter se passe finalement.
Difficile de trouver un endroit où camper et n’ayant plus d’eau, nous poussons le soir jusqu’au prochain village. En arrivant dans les villages à la nuit tombé, on sait très bien ce qui nous attend. Et peu s’en faut, car très vite, les hommes les plus ivres du village nous tombent dessus. Ici comme partout, ils ont un détecteur à muzungu.
trouvons finalement à dormir dans un commissariat de police, la carte joker ultime sur le continent.

 

Et ainsi le lendemain, luttant contre le vent, nous arrivons à Mzuzu. Retour en ville, un peu épuisé.

Donc Mzuzu s’approche. Puis est vite là, avec le trafic qui va avec. Au premier rond point, nous tombons sur un grand supermarché. Il est toujours l’heure de manger, alors on y va, moi le premier, chacun attendent l’autre devant pour garder les vélos.
Et dedans c’est noël. Je crois n’avoir pas mis les pieds dans un tel supermarché depuis que j’ai foulé le sol Africain. Je sors les bras plein et en mange la moitié assis sur le parking en attendant Craig, frôlant la boulimie et l’hyperglycémie.

 

Nous allons le lendemain à l’immigration et finalement, le tampon déjà apposé sur le passeport est barré d’une annulation. On ne peut prolonger un visa de transit, la sentence semble irrévocable. Nous sortons donc un peu dépité mais pas trop, bien trop longtemps que nous roulons en Afrique pour nous en faire.
Discutons autour d’une bière le soir, il nous reste 3 jours à partir du lendemain pour atteindre la frontière.
Nous décidons de rester une journée de plus et de faire le trajet en deux jours. Et puis si pour une raison ou une autre, nous n’arrivons pas à temps, on bricolera à la frontière avec les douaniers. Il faut avoir le temps en Afrique, ca sauve de beaucoup de situations.

 

Nous profitons des canapés et d’une super cuisine coréenne à l’auberge pour lire et écrire. Demain il faudra repartir et il faudra en moins de 48 heures rattraper une frontière.

Nous repartons plein sud, et quittons vite la banlieue de Mzuzu pour grimper dans les montagnes. Le col est long et doucement pente. C’est un plaisir de rouler ici, lentement, en écoutant France culture et en faisant chaleureusement signe aux enfants du bord des routes.
Nous parvenons après un deuxième col à une espèce de forêt qui ne sert qu’au bois de chauffe. Elle se dresse cependant autour de nous, la vie humaine se fait plus rare. On se croirait dans les Vosges, ce genre d’endroit où l’on s’apaise à l’idée que bientôt on rentrerait chez soi et que des amis nous attendraient autour d’une bière. Mais non, nous passerons la nuit dans un poste de police isolé. Nous sommes traités avec beaucoup d’intérêt et de respect. Et le soleil vient vite à se coucher.
Nous filtrons une eau crasseuse et la partageons. Demain il faudra aller vite et parcourir une bonne dose de hors piste.

Ainsi nous faisons route jusqu’à la jonction qui mène à la piste. Les 10 premiers kilomètres prennent bonne heure, espérons secrètement que le reste ne soit pas de même sinon nous allons arriver trop tard à la frontière.
De haut et de bas, de cailloux et de sable. Il faut descendre et pousser sous le soleil. Sans râler, c’est bon d’être ici.

Pause repas dans un village du bout du monde, et de là la piste reprend finalement beaucoup plus plate et praticable, nous allons à toute vitesse à travers la savane en saluant de gauche et de droite. Embouteillages avec les troupeaux du coin, les coins les plus rudes pour rouler ont toujours une douceur caché.
Et ainsi, nous arrivons au poste frontière. Là il faut tirer les douaniers de leur jeu de carte à l’ombre d’un arbre et d’un poste radio qui laisse filer un air de reggae bien connu. En voyant le tableau, on se dit qu’on aurait aisément pu dépasser le visa !

 

Un coup de tampon, la direction indiquée du bout du bras. Et nous quittons le Malawi, 7 jours tout pile !
Nous vous réussi, et sommes plutôt excité de passer la frontière Zambienne. Cependant il y a comme un air de passage trop rapide, de coup de vent.
Bon, un endroit de plus qu’on quitte en se disant qu’on repassera, peut être.