Partie 2 : Moldavie - Roumanie

La frontière Moldave se passe sous le soleil. On roule sous le soleil jusqu’à Hlina, ville où l’on trouve de quoi manger et endroit d’où va commencer à rencontrer des puits sur la route.
Ces puits nous accompagnerons pendant un bon moment. L’eau fraiche que l’on y trouve permet de nous laver, de boire et de nous rafraîchir sous la canicule Moldave.

Un des puits que l'on trouve dans les rues des villages Moldave.

La Moldavie nous semble la continuité de l’expérience vécue en Ukraine. Les relations sont franches et faciles. On se sent avancer dans la bonne direction. Les gens nous aident à nous sentir chez nous et ainsi on va traverser une bonne partie de pays comme si l’on traversait un passage piéton.

Nous repassons à un autre alphabet, changeons de monnaie et les quelques mots de roumains appris dans le passé ressurgissent.

J’avais dans mes souvenirs ces longues plaines steppiques entre deux villes. Les étendues où s’ébattent les chevaux et troupeaux.
Je m’étais promis de revenir à vélo. De traverser ce pays avec la lenteur qui convient. Et j’y suis à nouveau, lent et heureux.
On parcours la campagne en saluant de droite et de gauche qui le veut.

Les Moldaves sont absolument adorables. Une fois de plus on détruit les maigres clichés que certains ont tentés de nous inculquer. On nous offre successivement une maison entière, les repas, des contacts partout dans le pays, des lits confortables, douches et machine à laver.

Les grands espaces nous offrent des bivouacs merveilleux, lorsque personne ne nous invite. Il aurait fallu rester plus longtemps pour profiter tant de la nature que des gens.

Mais bientôt la maladie vient attaquer mon ami. L’énergie diminue et la lutte pour avancer pour un autre hôpital. On avance péniblement vers la frontière Transnitrienne, pays sécessionniste de la Moldavie soutenu par le gouvernement Russe sans que celui ci ne le reconnaisse légalement.
Ainsi on passe deux jours à l’hôpital de Rezina en attendant qu’il aille mieux.

Je me ballade dans la ville, surplombant la Dniestr, rivière qui fait la frontière entre les deux pays. Nous voulions tant arriver dans la ville d’en face, dans ce pays sujet à tant de fantasmes dans nos esprits aventuriers. Pays qui n’existe pas vraiment et que peu connaissent.

Il faut prendre son mal en patience, demain peut être je présenterais mon passeport en Russe au douanier.
L’avantage du séjour à l’hôpital est au moins d’avoir une douche et un toit. Perfusion, prise de sang et blouse blanche. Ça donnerait presque envie de travailler.

Quelques mots en Russe, le passeport présenté et c’est bon. Nous passons le drapeau orné de la faucille et du marteau avec toute la curiosité de deux cyclistes qui ont traversé l’Europe pour voir ce pays.

L’idée que l’on s’est fait du pays est finalement loin de la réalité. Mis à part que nous avons du passer un semblant de frontière, la vie se ressemble ici. On nous avait dit que l’on retournerait en terres soviétiques, mais c’est finalement un capitalisme moderne que l’on retrouve ici.

On regarde attentivement tout ce qui se passe autour de nous pour essayer de trouver une caractéristique propre à la Transnitrie, mais mis à part que tout le monde parle Russe, c’est finalement ici comme ailleurs.
Au fond de soi, on espère que quelque chose de fou se passe sous nos yeux, que l'on puisse raconter une aventure passionnante au cœur de la Transnistrie. Mais ce n'est pas le cas. On se contente de suivre la rivière dans la magnifique vallée du Dniestr en saluant de droite et de gauche des voitures surchargées, héberluées de voir des vélos aussi chargés.

Paysage de Transnistrie, le Dniestr.

Seuls supermarchés et station essence du pays : Sheriff

On retourne sur Chisinau pour récupérer au vol un ami qui fera un bout de route avec nous. La capitale n'est pas la plus intéressante d'Europe, d'autant plus que j'avais déjà passé du temps là bas.

On reprend la route jusque la frontière Roumaine. 2 jours de pur bonheur dans une campagne Moldave au charme certain. Le soleil se couche sur les étendues herbeuses. Les troupeaux vaquent à leurs occupations , les bergers veillent d'un œil sur les bêtes, l'autre sur nous.

















On passe la frontière Roumaine sous la pluie, retour dans l'union européenne.
La pluie nous pousse à prendre un raccourci. Et on sait bien que les raccourcis n'ont bien souvent rien de bon. Surtout dans la campagne Roumaine pluvieuse.

Ainsi on fait 5 kilomètres en quelques heures, débouchant sur un village après avoir tiré le vélo pieds nus sous la pluie dans un champ interminable. En quelques minutes le village vient nous aider à nettoyer le vélo autour d'un puit, nous offrant bière et café pour nous réchauffer.
Le vélo propre, nous trouvons un repas chaud et un lit chez un des habitants du village. Soirée agitée et réveil en musique. Le folkore Roumain dans toute sa splendeur.

 

Bivouac dans la campagne Moldave

Nous nous dirigeons vers le nord et la Transylvanie. La météo n'est pas de notre côté mais disons que nous avons l'habitude.
La route est belle par sa difficulté. La boue et les nids de poule. Les charrettes et la țuică. 
On aime, on adore la Roumanie. Et les Roumains nous le rendent bien. On dort peu dehors car en quelques minutes, on trouve un toit et les pieds sous la table nous entamons le premier verre de gnôle.

 

Il fait froid et humide. Mais la chaleur humaine nous pousse à aller de l'avant sans cesser un instant de nous épanouir et d'apprécier chaque mètre parcourus.
Avec notre maigre vocabulaire en Roumain et en Italien, les discussions tournent court, mais la communication passe par bien d'autres moyens.

Nous faisons quelques tours de roues dans les montagnes avec un cycliste Allemand. La température baisse, les descentes sont froides. Mais quel bonheur de rouler dans un si beau décor.
Les églises de transylvanie nous séduisent. Sorte de chalets de montagne, elles sont les maisons de Dieu habitant chaque petit village.

En pénétrant à l'intérieur, le chant et les peintures nous ôtent de ce monde pour nous conduire dans un univers moins rude que celui de l’extérieur. Serait ce à cause de la pluie qui tombe à l’extérieur que l'on passe autant de temps dans les églises ? Rien n'est moins sur.

Église dans un petit village de Transylvanie.

La grandeur d'âme et le coeur proche de la main. C'est ainsi que l'on décrirais ces adorables personnes qui nous ont souris, reçus et accueillis sans questions aucunes.
Ainsi d'un revers de la main, on balaie une fois de plus d'intenses clichés par l’expérience vécu là bas.

Bien que nous soyons peu enclins à croire à tout ce qui est raconté à tord ci et là, c'est surtout pour briser le cliché des autres que l'on rapporte la sublime expérience qui nous a tendue les bras en terre Roumaine.

Le voyage bouscule les Hommes que nous sommes. Il faut apprendre à recevoir. A accepter ce que l'on nous offre de bon cœur.
Et toujours cette même question : accueillons nous sans distinction de nationalité, culture ou croyance un individu ruisselant de pluie qui demande un peu de chaleur au coin du feu ?

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