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Partie 4 : Monténégro - Albanie

La frontière passée, nous descendons par la forêt vers un premier point de vue sur ce qui nous attend dans les prochains jours.
C’est vert. C’est valloné. On ne sait pas encore à quel point cependant, toujours est il que l’horizon s’annonce grandiose.


On descend au centre ville de la première bourgade. On retrouve les euros, les bureks et la bière. Mosquée en pierre et église se font faces. Premier contact avec le Monténégro. On trouve un premier supermarché avec tout l’espoir que nous avons pour trouver de quoi bien manger, ça ne sera pas pour cette fois.

Ainsi démarre noter aventure dans les montagnes Monténégrines. Quelques maigres jours durant lesquels nous ne feront que monter et descendre. L’accumulation du dénivelé est assez astronomique, le décor magnifique.

Mais un tel décor se paie. Il faut monter, puis descendre pour tout remonter. Les pentes sont sans pitiés. C’est ainsi que dans un état moral et physique proche de l’épuisement total nous arrivons à Durmitor, que nous découvrons être une station de ski.
A partir de ce moment, on s’écartera le plus possible de ce que nous appelions « les petits bonhommes qui font du ski ». Si vous voyez un tel pictogramme sur la carte, il n’est pas encore trop tard pour essayer de contourner.

Qui plus est, c’est un peu l’endroit chic du pays. Au milieu des vacanciers qui sortent en chemise pour aller au restaurant, nous cherchons un paquet de pâte dans un supermarché bondé de monde et un espace où planter la tente. Il suffira de quitter le centre ville pour trouver place dans la prairie d’un Monténégrin.

Il faut parler maintenant, plus jamais une journée aussi épuisante. Nous ne sommes pas des cyclistes professionnels, mais là avant tout pour voyager et nous amuser. Aussi longtemps qu’il y a aura du plaisir le reste suivra. On reparle de Téhéran. C’est peut être trop gourmand de notre part que d’espérer rejoindre l’Iran.

Doucement, nous arrivons sur la côte et la baie de Kotor. C’est la première fois que nous voyons la mer depuis le début de ce voyage.
On s’arrête à la sortie du tunnel qui ouvre la voie vers la mer par une bande d’asphalte qui serpente dans la montagne.
Un de ces moments que l’on s’était imaginé par le passé. Ce genre de moment qui sont pour nous symboliques et que l’on se prépare à vivre. Ce qui n’est pas bon, car c’est la seule raison d’être déçu.

Ainsi il faudra maintenant rouler aux côtés des déchets, et ce pour les prochaines semaines. Nous y reviendrons. Nous descendons en quelques minutes ces heures passées à grimper.
Et ainsi s’offre à nous la chaleur et la mer à portée de main. On mange rapidement un burek bien gras à l’ombre, posons le vélo puis nous jetons littéralement dans l’eau. Tant de semaines à regarder la carte avec ce point précis comme l’endroit où l’on pourra enfin se baigner.
Il y a quelque chose de symbolique à gagner la mer à vélo. Comme un pirate du bitume trouvant enfin un endroit ou accoster. C’est juste dans l’autre sens, mais le résultat est le même.

Et par la même, nous nous retrouvons dans un endroit chic du pays. L à où il faudra trouver sa place entre les hôtels 4 étoiles, d’autant plus que nous avons décidé de passer la nuit au bord de l’eau.
Antoine nous rejoint et arrive demain, nous décidons de l’attendre ici.
Ainsi passe la soirée sans que l’on trouve où dormir. Au dernier moment le prêtre d’une des églises nous autorise à dormir dans le jardin à condition que l’on n’utilise pas le réchaud ici.

















 

Alors nous mangeons dans la rue, torses nus et pieds nus, confortablement installés dans notre voyage. Difficile de décrire le sentiment qui me submerge à ce moment là. Disons que c’est le bonheur d’être là et d’y être tout entier. Je ne désire rien d’autre que ce petit plat de pâte face aux milles couleurs rougeoient sur les maigres flots de la mer. Tout est épuré. Une fois de plus il n’y a rien à ajouter ni enlever.
En revanche, pas sur que l’on colle au décor. Mais qu’importe, c’est avec le sourire que l’on accueille les regards interrogatifs.


Antoine arrive et ce qui devait arriver arriva, nous nous endormons ivre sous un banc sur la terrasse d’un restaurant. Le matin on nous fait comprendre qu’il ne pas rester là trop longtemps. Mais l’eau transparente à quelques mètres accueille nos plongeons et provoquent nos réveils. Au moins il n’est pas question de se demander où nous allons bien pouvoir dormir.
C’est parti pour deux semaines ensemble où les verres ne vont pas désemplir.

On roule donc le long de la côte pendant quelques jours en direction de l’Albanie.
Toujours étonnamment pleine de déchets, elle est en plus saturée de voitures qui vont dans un sens et dans l’autre sans distinction.
La côte Monténégrine est intéressante puisque bien souvent à flanc de montagne, les plages ne sont pas de longues bandes interminables et les petits villages ne sont pas légions.
Profitant d’une largeur exceptionnel entre le pied de la montagne et l’eau, des villes ou villages s’installent, aussitôt habillés d’une tenue de cité balnéaire en perpétuel développement. Dire que nous fûmes éblouis devant la beauté de cette côte serait mentir. C’est même le contraire qui se présenta à nous.

Il ne fût pas facile de se faufiler avec sa tente sur les plages. Difficile aussi de demander quoi que ce soit à quiconque, chacun profitant de sa semaine de congés annuelle au soleil. On se sent un peu perdu dans un monde de vacanciers qui n’est pas le notre.
On essaie de se frayer un chemin dans les villes, sur les routes, sur les plages.
On roule maintenant le plus vite possible vers la frontière Albanaise, espérant le changement positif et moins de touriste.
La route qui nous y mène par les montagnes et belle et sans pitié sous la chaleur de l’été. Ainsi nous cheminons dans la campagne des vallées qui nous amène au seul poste frontière entre les deux pays. La route est pleine de voitures venant d’Italie, des Albanais ayant émigrés pendant la dictature communiste qui sévit dans le pays.

Nous passons la frontière devant toutes les voitures et même au nez des douaniers qui nous font signe de passer. On roule en direction d’un éventuel autre poste de douane qui ne viendra jamais. Personne ne regardera nos passeports en passant du Monténégro à l’Albanie.
C’est déroutant de simplicité. On espère juste ne pas avoir de soucis en traversant la frontière vers la Grèce.

Retour en arrière dans la campagne monténégrine. Le manque de nature pure et simple.

Nous dormirons près d’une rivière où le village entier jette ses déchets sans aucune forme de procès. C’est encore plus déroutant que ce nous avons vu avant, moi qui pensais ne pas pouvoir voir pire, c’est le début d’une autre catastrophe. Prétendre voyager à vélo pour des raisons écologiques serait de la folie, ou s’aveugler volontairement pour ne pas voir l’évidence.

Que dire de l’Albanie ? Beaucoup de mercedes et de car wash. Des terrasses de café remplies de types tous plus musclés les uns que les autres. Un monde d’hommes et de voitures allemandes.
Même si les conducteurs ne sont pas les plus respectueux avec les cyclistes, on passe nos journées à saluer de la main tout ceux qui nous disent bonjour. Première fois que je dis autant bonjour en 24 heures !

Je ne peux pas dire que pays soit très beau. Les friches industrielles de l’ère communiste ne sont pas ma tasse de thé, quoi qu’impressionnantes. Sortir des grands axes pour les petites routes de montagnes est un pur bonheur. Bien que loin d’être facile, l’effort en vaut la chandelle.
Nous faisons désormais parti de cette vie rurale entre bergers et tracteurs.
Mais nous ne pouvons affirmer tout entier que nous nous sentons bien ici. C’est un monde masculin où nous avons du mal à trouver notre place.
Je suppose qu’il faudra revenir puisque je ne peux ni prétendre avoir aimer ou détester. C’était simplement différent. Un pays qui demande à être plus exploré que je ne l’ai fait. Bientôt, c’est sur.

Ainsi par les montagnes nous arrivons au lac d’Ohrid, endroit où j’avais déjà randonner auparavant mais du côté Macédoine. Et c’est par les montagnes que nous en sortirons.
Un petit coin aménagé accueille volontiers notre pause quotidienne pour échapper aux pires heures de chaleur. On écluse quelques bières entre deux baignades. La vie est simple.

Mais c’est le seul endroit que nous trouverons charmant au bord du lac. Les villes autour ont la prétention de ressembler à des villes balnéaires mais n’en sont que de pales copies sans réels charmes.
Nous dormons dans une casse auto entre les chiens et les mercedes, gentiment proposé par un Albanais. Ça résume plutôt bien notre périple en Albanie. Au petit matin nous allons boire un café au bord de l’eau. La baignade fait office de douche. Sur la rive, un homme ramasse quotidiennement le déchets avant que les badauds viennent s’installer dans les chaises longues.