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  • Clotaire Mandel

Accroché aux notes de musique.

Il suffit que quelqu’un passe à côté de nous pour, l’espace d’une odeur, nous renvoyer loin derrière. Un visage, une présence, un corps. Le tout par une odeur. Même si en fermant les yeux on ne la voit plus correctement cette personne, on la sait. On la devine. Et me concernant, il y a peu de choses qui me renvoient plus à certains pays traversés que la musique. Pas forcément la musique local, pas forcément de la très bonne musique. Mais l’évocation du pays renvoie à un son, un artiste, un album. Je peux voyager sans bouger de ma chambre. Déjà, je n'ai pas le choix, mais en plus de ça, je sais que j’en suis capable. Je pourrais faire une liste de chansons et des lieux qui riment avec. Parfois eux même n’ont pas de noms. Ils sont juste une représentation, une montagne ou une plage. Un bloc de béton ou une route plate et infinie. Je suis accroché aux notes de musique comme je suis accroché à ma navigation sur le globe. Les deux vont de pair. Ça ne se choisit pas, c’est un fait. Alors je peux voyager sans bouger. Ça aide en ces temps de disette pour les voyageurs. Je peux tout de suite aller en Turquie, puis choisir ensuite d’être sur la côte Omanaise. De là je me transporte en Éthiopie, puis en Thaïlande. Ça prend 10 minutes et c’est même pas fatiguant. Ça rendrait presque triste cependant. Pouvoir le faire ne signifie pas qu’on y prend plaisir. En lieu et place j’aimerais continuer de cumuler des lieux tels que ceux ci. De cumuler des souvenirs en les accrochant à des notes de musique. Et plus tard, lorsque le mouvement paraitra vain, je pourrais traverser la planète en une matinée, en buvant du café, dans mon jardin. Pourtant, il aura fallu s’épuiser à escalader la planète des années durant pour en arriver là. On peut se contenter d’idées conçues, d’images pré mâchées, ça marche aussi. Mais quoi de mieux que de revisiter en pensées ces lieux où l’on a laisser tant de part de nous, à tel point qu’on en viendrait à croire qu’on se disloque, que plus rien ne restera de notre enveloppe charnelle. Et pourtant, il semblerait bien que l’on ait une vie pour chaque endroit. Alors tout s'accumule. Je suis heureux de n'en être même pas propriétaire. L'âge, le temps et la mémoire emporte tout ça. Rien ne m'appartient, sauf de faire en sorte que continue cette symphonie.